Décomposition de la paille : tout savoir sur ce processus naturel
La décomposition de la paille transforme un résidu agricole riche en carbone en matière organique utile pour le sol. Ce processus améliore la structure du sol, la rétention d’eau et la fertilité lorsqu’il est conduit correctement. Comprendre les facteurs clés (rapport C/N, humidité, aération) permet d’accélérer la dégradation et d’éviter l’appauvrissement en azote.
Résumé rapide
- Difficulté : intermédiaire
- Temps d’application : 30–90 minutes (préparation) ; décomposition 3–12 mois selon conditions
- Matériel nécessaire : fourche/pique, bâche, source d’azote (fumier, tontes), arrosoir, thermomètre de compost (optionnel)
Matériel nécessaire
- Paille propre (non traitée)
- Fumier fermeux ou tontes de gazon fraîches (source d’azote)
- Fourche, râteau, grande bassine ou arrosoir
- Bâche ou couverture respirante
- Thermomètre de compost (facultatif)
- Coupe-paille ou cisailles (pour hacher si nécessaire)
Étapes à suivre
Suivre ces étapes pour composter la paille ou l’incorporer au sol tout en limitant la fixation d’azote et en favorisant une dégradation homogène.
- Étape 1 : Trier la paille pour éliminer les éléments traités ou contaminés.
- Étape 2 : Hacher ou émietter la paille si les brins sont très longs ; réduire la taille accélère la décomposition.
- Étape 3 : Monter un tas ou une aire de compostage en alternant couches de paille (couches carbonées) et couches d’azote (fumier, tontes) pour viser un rapport C/N proche de 25–30.
- Étape 4 : Humidifier le tas jusqu’à atteindre une humidité comparable à une éponge essorée (40–60 %).
- Étape 5 : Aérer en retournant le tas toutes les 2–4 semaines pour maintenir l’oxygène nécessaire aux microbes.
- Étape 6 : Couvrir le tas avec une bâche respirante pour conserver chaleur et humidité tout en limitant les lessivages.
- Étape 7 : Surveiller la température (idéalement 50–65 °C pour une décomposition active) et l’odeur ; poursuivre le retournement jusqu’à obtention d’un matériau sombre et friable.
Conseils d’expert
- Ajouter du fumier bien décomposé ou des tontes fraîches plutôt que de l’azote minéral pour nourrir la microflore sans risques de surdosage.
- Hacher la paille avec une tondeuse ou une cisaille pour augmenter la surface de contact et accélérer la décomposition.
- Maintenir une humidité stable : arroser en pluie fine si le tas sèche, mais éviter la saturation qui provoque l’asphyxie microbienne.
- Si la paille est utilisée comme paillage, poser une fine couche (5–8 cm) et ajouter un apport d’azote au printemps pour compenser l’immobilisation.
- Pour accélérer en hiver, protéger le tas avec une couverture isolante et maintenir l’humidité afin de conserver l’activité microbienne.
Erreurs à éviter
- Empiler de la paille sèche sans apport d’azote : la décomposition sera très lente et provoquera une immobilisation d’azote prolongée.
- Saturer le tas en eau : la décomposition anaérobie crée des odeurs et ralentit la transformation en matière organique utile.
- Ne pas aérer : manque d’oxygène freine les bactéries aérobies et produit des conditions anaérobies indésirables.
- Incorporer de grandes bottes entières : les coeurs compacts restent peu dégradés ; préférer le hachage ou l’ouverture des bottes.
- Utiliser de la paille traitée chimiquement ou contaminée pour un compost destiné au potager.
Conclusion
La décomposition de la paille est une méthode simple et efficace pour enrichir le sol si le rapport C/N, l’humidité et l’aération sont contrôlés.
#jardinage #astucesjardin #jardinfacile

